Carte funéraire

La suite et, surtout, le produit fini de mon dernier billet.

Encore une fois, il y avait un questionnement intéressant pour un produit si simple, qui démontre peut-être une mouvance dans la société. Comment voudriez-vous que votre décès soit annoncé? J’imagine que pour très peu d’entre vous, vous voudrez une tribune sombre et lugubre, flanquée de croix, parce que de votre vivant vous n’étiez probablement pas comme ça (encore une fois, à quelques exceptions près; j’ai quelques amis gothiques). Je pense au Jour des morts mexicain, à l’esthétisme de cette fête, qui contraste fortement avec notre perception de la mort, froide, rigide, et aucunement représentative de l’être cher qui vient de nous quitter.

Autant le questionnement est important dans ce genre de mandat, autant la solution est simple : faire quelque chose de coloré, souriant et épuré. Parce que c’est comme ça que les proches se seront rappelés de la personne. C’est la raison derrière l’orangé, d’ailleurs, c’est lumineux et vivifiant. Un message à ceux qui restent : «vivez».

Idem pour l’intérieur. J’avais beaucoup de texte à placer dans un espace relativement restreint — On a souvent pas mal de choses de bien à dire de sa mère, ça se comprend —, alors j’ai créé la carte à un format plus grand, mais tout de même standard. Encore une fois ici, il s’agit de rester simple. On doit pouvoir se plonger dans la lecture dans une atmosphère de calme et de cette nostalgie qui donne ce petit sourire en coin. Parce que c’est ça, la commémoration; une fois le deuil passé, la vie continue, et bien d’autres joies nous attendent au détour de la route…

Encore une fois, pour ce genre de mandats, j’ai un tarif préférentiel. J’ai dit pourquoi dans mon dernier billet, j’ai des réserves à faire de l’argent sur le dos des morts, et vous avez autre chose à penser que flamber une fortune sur le graphiste en des circonstances pareilles.

Je soumissionne présentement sur un contrat pour un courtier immobilier, et en analysant le produit, nous en sommes venus à nous questionner sur la pertinence de mettre la photo ou non sur les pancartes.

 

Au départ, je ne suis pas trop chaud à l’idée. Oui, venant d’un fabricant d’image, ça surprend. On sait qu’une belle gueule n’est en rien un gage de compétence ou de confiance. C’est un avantage indéniable pour la jolie fille début trentaine, mais si mon courtier immobilier est, disons, plus ordinaire, va-t-il être moins compétent pour prendre en charge une transaction de 200 000$? Il me semble que le visage de la personne ne fasse pas vraiment partie des critères…

Cela dit, un courtier immobilier a beau faire partie d’un réseau, il reste à la base un travailleur autonome, et sa personne fait partie de son image de marque. Ce n’est pas le réseau immobilier qui done du travail au courtier, c’est lui-même qui doit gratter pour la trouver. Il est important alors, au niveau de l’image, d’avoir un visage humain pour établir le lien de confiance…

Bref, je pourrais m’obstiner avec moi même pendant un bon bout de temps sur le sujet. Vous, qu’est-ce que vous en pensez?

GESTALT23

Du nouveau dans la famille du Patchwork. Pour arrondir les fins de mois, mais surtout pour me donner un véhicule pour garrocher des idées une fois de temps en temps.
Rien pour se tirer sur les murs pour le moment, mais quand même : J’avais dit d’une petite illustration que j’avais fait à la sauvette que je lui trouverait une utilité avant longtemps. Voilà.

Si ça vous intéresse, il est disponible ici. Une version pour femme suivra d’ici peu.
•••

Non pas qu’elle n’était pas talentueuse avant, mais Pascale Migneault fait le saut dans le domaine de l’entrepreneurship, ce qui veut dire qu’on verra un peu plus de son travail d’ici peu! Jet7 Design possède une solide expérience en design imprimé et en édition, mais mettez-la à l’épreuve, je suis convaincu qu’elle saura remplir ses mandats avec une efficacité surprenante!
Son blogue et où la trouver sur Facebook.

Et de votre côté, quoi de neuf?

De mon côté, pas grand chose, sérieusement. Rien de tangible pour le moment, mais un truc ou deux au four. Ça, c’est quand je ne suis pas occupé à pêcher des poissons en jujubes au Candi bar, mais je ne m’étendrai pas trop sur le sujet; je laisserai le soin à ma femme, sur son blogue, dans les jours à venir (pas pour te mettre de la pression mon amour, mais…)

Parlant de mon bloguerôle, deux petits nouveaux : Designcollector et Surfstation. J’avais découvert Surfstation dans le temps, à l’époque du cégep et du web 1.0. Je l’ai redécouvert récemment et je fus agréablement surpris de voir comment le site a bien vieilli. (à coups de liftings, il va sans dire, mais quand même…)
Tant qu’à être dans le sujet du web, j’avais un groupe Facebook dont je ne me servais à peu près pas. J’ai remédié à ça en créant une page à la place, si le cœur vous en dit, allez la rejoindre! (le cœur vous en dit, hein? Hein??) (et si vous ne me suivez pas sur Twitter, qu’est-ce que vous attendez?)
Vous remarquerez sur ces deux pages un petit extra… Ça fait partie d’un petit projet en développement, qui va aussi inclure une refonte complète et bien méritée de mon site web, et l’intégration de ce blogue au site même. Je rappelle mon webmestre et je vos reviens là-dessus, mais soyez assurés que mon site déjà archaïque va renaître dans pas trop long!

Granby, la Las Vegas du Nord


J’aurais aimé dire qu’on est partis sur un kick, et sur un petit buzz de sangria, au hasard de la Principale à Granby pour y photographier ce qui fait son charme et son swagger. Mais non, c’était un peu planifié. Sauf la sangria…


«Qu’est-ce qui fait le charme et le swagger de Granby, au juste?» me direz-vous. Les néons.
Venant de la Grand-ville, une ville sérieuse aux prétentions internationales, on réserve l’usage des enseignes au néon à… autre chose, disons. Le Super Sexe, les bars douteux, les crémeries et restos ludiques et familiaux. Une sorte de bonheur insouciant associé à une autre époque, qui détonne avec le cynisme ambiant et les identités graphiques sombres, simples et efficaces.

La dernière fois que j’ai vu autant de néons sur une grande artère, c’était à Las Vegas. Mais bien sûr, on n’aborde pas une ville-jouet comme Vegas de la même façon que Montréal et New York, qui se doivent d’être urbaines, grises et efficaces. Mais Vegas est un rêve, pas une ville; elle doit se vendre comme telle. Ici, à Granby? Pas de pression. Juste une ville de taille moyenne. Pas un centre administratif comme Sherbrooke. Pas d’universités, rien. Le zoo, le parc de la Yamaska pas trop loin, 12 Couche-Tard sur tout le territoire, le cégep. Trop grosse pour être champêtre (il y a le reste des Cantons pour ça), pas assez pour le reste. Pourquoi pas se péter un trip, alors?
Mis à part une section un peu plus conservatrice au niveau urbanisme (pour préserver le cachet patrimonial victorien), la Principale regorge d’enseignes lumineuses, certaines en néons assez spectaculaires. Ici, un exemple assez soft pour commencer. On peut retrouver quelques exemples comme ça en ville, quand même. Mais au niveau de la typographie, des couleurs, de la disposition, on retrouve une familiarité, un cachet. (pour faire le parallèle avec mon dernier billet, c’est ce genre de design qu’on s’efforce tant de reproduire par les temps qui courent…)

Voyez? Même l’église est affublée de néons. Faut le faire.

Ce genre d’enseignes, par contre, on n’en rencontre plus à proximité de la Ville (à part sur un certain tronçon du boulevard Taschereau). Quétaine assumé ou tout simplement signe que le monde du coin ne s’en font pas trop pour des niaiseries? D’un côté ou de l’autre, on aime ce que connotent ces géants de néon.
Chez Ben la Bédaine. Au départ un minuscule bar laitier, les agrandissements au fil du temps ont fait de cette cantine la place pour déguster une poutine dans les Cantons. Et l’enseigne est sans contredit celle qui m’a donné l’idée de faire ce petit pèlerinage photo.

Un truc que j’ai remarqué, par contre, et que je trouve vraiment dommage : les Granbyens ont un trésor de patrimoine entre leurs mains, et ils ne le savent pas. La plupart des enseignes que j’ai croisées ne fonctionnaient qu’en partie. Ils devraient établir un règlement municipal comme on retrouve à Vegas et New York pour Times Square, demandant aux proprios d’entretenir leurs enseignes…

Plumet, un autre Géant de néon. On se demandait qui gagnerait dans un combat entre lui et Trudeau. Avec Ben la bédaine qui viendrait les anéantir tous les deux…

J’aurais aimé prendre une autre photo. À quelques mètres de ce motel, il y a le camping Tropicana et son palmier lumineux totalement hal-lu-ci-nant. Malheureusement, comme la saison de camping est encore jeune et que c’est probablement la seule photo qui n’est pas sur Google, il va falloir que j’y retourne rien que pour ça…
Reste à voir ce que l’avenir réservera à tout ça. Cette particularité fait tout le charme de Granby. Le voyageur qui roule sur la 112 ne peut qu’esquisser un sourire en arrivant à Granby à la tombée de la nuit. Comme Vegas, en plein milieu du désert. En fait, pourquoi ne pas ajouter à Granby un casino et quelques chapelles de mariage, un coup parti?
Si ça vous chante, allez voir ces photos en meilleure résolution sur mon Flickr. Et comme cadeau, la photo ci-bas peut très bien servir de fond d’écran.

Design rétro comme du fond de teint passé date…

J’ai remarqué récemment une résurgence du rétro dans le design, toutes époques confondues. L’influence Mad Men, le retour de la mode début XXe siècle, des influences très vintage… Très, très beau, tout ça. mais tout ça, c’est symptomatique de quelque chose, non? Comme si le monde s’en allait Sweet F**k All nulle part, et que le design, évidemment, doit suivre. Sauf que le design ne peut pas se permettre de réfléter ce SFA.
Qu’est-ce qu’on fait dans ce temps-là? En design graphique, on a grugé l’Helvetica jusqu’à la moelle, On a ramené le baroque romantique pour gagner du temps, Christian Audigier a repoussé les limites du mauvais goût, et maintenant, le prochain qui me fout des ?$$#*%@! de triangles de couleur au visage, je l’éviscère avec mes dents, pas de farces.
J’ai pu remarquer la même chose dans le design automobile. Dès qu’on a mis la New Beetle sur le marché, le reste de l’industrie a suivi : Ford a ramené le Thunderbird et sauvé la Mustang en lui redonnant ses lignes d’antan, au point où on disait à la blague, dans la presse spécialisée, qu’on devrait déplacer la photocopieuse du bureau du département de design. Encore ces temps-ci, quelles sont les plus belles voitures sur la route? La Mini Cooper, la Camaro ressuscitée (le monde de Boisbriand doivent chier des briques…), La Challenger, la Mustang. Toutes dans les lignes de leurs plus belles années à peu de choses près. Dans 40 ans, quelle va être la valeur d’une «voiture de collection» comme l’Elantra 2006? La Mazda6 de l’année? Une belle grosse Malibu 2008? Je me disais aussi…
Qu’est-ce qu’on fait, alors? Pas que cette vague de design n’est pas belle, au contraire. Cela dit, on sait maintenant quelle est la valeur qualitative du design des années 50 et 60 (même remis au goût du jour), on vient de se sortir d’une période de réimagination des années 80 (un gros merci à Omnikrom et Kanye West pour avoir ramené le fluo et les lunettes soleil en stores vénitiens!), il reste aux années 90 et 2000 à fermenter un peu avant qu’on connaisse leur valeur réelle (préparez-vous, un retour d’Ed Hardy vers 2029!). Mais je cherche encore l’influence des 60 dans le design des 80 et, mis à part les cheveux longs et les chemises à carreaux, ce qu’il y avait des horribles années 70 dans le grunge d’il y a 20 ans.
Signe des temps, sûrement. Nous sommes surstimulés, surinformés, et hautement cyniques envers notre époque. Les boomers qui traînent en haut de la pyramide pendant que les X macèrent dans leur jus à chiâler, juste en dessous? Le mépris du peuple pour les Autorités, sentiment qui semble réciproque? Le manque de valeurs rassembleuses? On ne s’étendra pas là-dessus, c’est plus ou moins ma tasse de thé. Mais le design en général s’en ressent. Dommage…

Extrait du magazine Uppercase. J’aime beaucoup, mais tout le design fait assez rétro. Un truc de notre temps qui aurait pu l’être aussi il y a 50 ans. Notre époque sera-t-elle empruntée aux autres?

Poisson d’avril du site Brand New, basé sur un projet réalisé à temps perdu par un designer talentueux. J’avoue que je suis loin d’être fan de la signature actuelle de Dunkin, mise à jour de la même façon que toutes les franchises commerciales au tournant du millénaire. Celle-là me fait penser un peu à A&W, qui joue la carte d’époque et qui réussit à créer une marque dans laquelle on se sent à l’aise, presque réconforté…

J’adore le design, les couleurs, ce que cet emballage dégage. Mais ça me fait tellement penser aux affiches touristiques du Canadien Pacifique, dans les années 30… (source)

Le hipster qui veut être de son temps porte des souliers dont le design date de 1917 (des Chuck Taylor), un fédora ou un melon, une écharpe qui rappelle vaguement les poètes Romantiques. Par-dessus son t-shirt des Ramones ou de Guns N’ Roses, une veste ajustée qui faisait partie du bon vieux complet trois-pièces. Il bouffe des macarons (parce qu’un autre monument de la gastronomie antique, les cupcakes qui datent du début XIXe, sont déjà out, la tendance ayant franchi les ponts vers le 450). La barbe intégrale et fournie effectue un retour spectaculaire, et ça ne sera pas long que la bonne vieille cire à moustache effectue un retour. Les plus hipsters des hipsters de Brooklyn poussent la carte au max en revenant au style des années 1900. Comme dans 1900 à 1910.
Bien beau, tout ça. Bien exécuté et mis au goût du jour. Mais il y a un second degré dans tout ça. Personne dans ces temps-là ne disait «tiens, je vais styliser tout ça années 20, ça va être swell!» Ils étaient dans l’air de leur temps, et ils ont laissé un impact durable. Dans 40 ans, va-t-on vraiment vouloir préserver un «deuxième passé?», quand les musées et les livres d’histoire du design sont remplis d’œuvres originales du temps? À quand un deuxième art déco? La période «Art Nouveau Redux?»

Mauvais design ou signe des temps?

Ce billet touche un point de design en général, et ne s’adresse pas nécessairement au design graphique, mais une nouvelle cette semaine m’a fait, disons, sourciller.

Tout d’abord, qu’est-ce que le design? Le mot est une anglicisation du latin disegno signifiant dessin, mais aussi dessein, nuance importante. Dessein comme dans intention. Outre la forme, il doit y avoir dans le design une fonction. L’esthétique joue pour beaucoup, bien sûr, mais la chaise la plus esthétique du monde, si elle ne comporte pas de siège, deviendra vite la chaise la plus inutile du monde.
J’arrive maintenant dans le vif du sujet. Et à ma tirade.
Vraiment?

Je comprends, depuis les quelques dernières décennies, certaines innovations en matière de sécurité. Nous roulons dans des automobiles plus sécuritaires depuis l’apparition de la ceinture de sécurité, les sacs gonflables et autres dispositifs. Je tique encore quant au port du casque à vélo et en ski, mais les chiffres sont sur la table, pas besoin de me convaincre du bien-fondé de la chose.
Cela dit, de nos jours, je crois que de dire que nous vivons dans une époque de pleutres frileux est un euphémisme léger. En fait, à cause de la dite époque, j’ai un champ sémantique entier que je me retiendrai d’écrire ici pour éviter de froisser quelconque courant de pensée / sexe / race / religion, etc. (Surtout religion, en fait; la nouvelle m’a inspiré une pléthore de mots d’église que la chrétienté seule n’arrive plus à contenir). Dans la même veine, ce papier de Foglia :

Grand dieu, si on ne peut pas avoir de préjugés sur le curling, sur quoi? Dressez pour le fun la liste de tous les organismes, associations, groupes de personnes religieuses, handicapées, sexuellement saugrenues, noires, jaunes, obèses, sur lesquelles il est strictement interdit d’avoir des préjugés, vous verrez qu’il ne reste à peu près plus que les joueurs de curling et les Luxembourgeois qu’on peut traiter de débiles en toute impunité.

Un passage qui me fait rire dans l’article des hot dogs :

Les pédiatres soulignent que, selon une étude américaine (qui date de 1984, cependant), les hot-dogs sont à l’origine de 17% des morts par étouffement alimentaire. Cela étant dit, les bonbons durs, le maïs soufflé, les guimauves et les raisins sont eux aussi problématiques.

«Les entreprises alimentaires devraient, dans la mesure du possible, repenser les aliments de façon à réduire le risque d’étouffement», peut-on lire.

OK. Réunissez-moi un parquet de designers industriels, d’ingénieurs et de tout ce que vous voulez et repenser le concept platonicien de la saucisse. Du maïs soufflé. Bonne chance pour les raisins.
Puis, la cerise sur le sundae. Essayez de ne pas vous étouffer avec :

Aux États-Unis, le Conseil national du hot-dog et de la saucisse – ça ne s’invente pas – a pris la chose de façon pour lui-même et a indiqué que, sur plusieurs emballages, on recommande déjà aux parents de couper les chiens chauds en petits morceaux.

Premièrement, le putain de Conseil national du hot-dog et de la saucisse. À voir leur site, on se console que le lobby du stimé ne soit pas si puisant que ça à Washington. Et puis, me semble que, dans mon temps, ma mère me disait de ne pas prendre de trop grosses bouchées en mangeant (ça marche, en passant; la preuve, c’est que je suis toujours en vie). À l’époque, on appelait ça le gros bon sens. Il était un peu partout avant d’être à l’emploi exclusif de Nissan. De nos jours, on a besoin d’un lobby du roteux pour nous le rappeler. Et si ça ne fonctionne pas, on aura besoin d’un consortium de gningnégnieurs pour nous éviter de s’étouffer avec notre manger.
Bordel, qu’est-ce qui s’est passé, et quand?
Bande de sans-disegno

Rapports annuels et blues de février

Je suis tombé sur cet article ce midi. Un beau débat en perspective.

En gros, on y apprend que des sociétés d’état ont dépensé des sommes faramineuses pour leur rapport annuel, le tout aux frais des contribuables. Hydro, 310 000 dollars pour un rapport annuel tiré à 9000 exemplaires. La Caisse de dépôt. 212 000 pour 4435 copies d’un document de 180 pages.
Mettons les choses au clair : lors de la formation en communications graphiques, on nous donne l’exemple du rapport annuel comme le but à atteindre. Parce que les compagnies cherchent à bien paraître auprès des actionnaires, elles font habituellement appel à la crème des firmes de communications graphiques (sauf moi, mais ça ne saurait tarder!), qui peuvent habituellement se lâcher lousse un peu (on est tout de même encore dans le design corporatif), qui ont l’occasion de produire un ouvrage avec des moyens solides et une certaine ouverture d’esprit de la part du client, et surtout, un pas pire chèque au bout de tout ça. Je reviens justement d’une exposition sur le design québécois où étaient présentés quelques beaux exemples de rapports annuels. Des très belles pièces, audacieuses, agréables à l’œil.
Tant qu’on reste dans l’entreprise privée, ça ne pose pas de problèmes. Les actionnaires d’une grosse compagnie doivent effectivement jubiler de voir atterrir sur la table de conférence un ouvrage finement réalisé qui vient soutenir les chiffres qu’il contient. Même, j’adore cet exemple où une microbrasserie de Portland, qui avait connu une mauvaise année, a imprimé son rapport annuel sur du papier journal, en deux couleurs. Il y a toujours moyen de faire quelque chose d’intéressant…

Par contre, est-ce que nous, contribuables, avons besoin de dépenser tant pour un document qui existe pour rendre des comptes… à l’État, voire à nous-mêmes? Il y a en effet matière à s’interroger. Si on imposait un plafond budgétaire aux sociétés d’état pour le production de leur rapport annuel, est-ce que les agences se bousculeraient encore aux portes pour les réaliser? Est-ce que certaines sociétés comme la SAQ, qui ont une image de marque relativement relevée, souffriraient de remettre au gouvernement un rapport de 25 000$? Je serais curieux de voir. Surtout si on pense à la Caisse de dépôt, qui a perdu l’an dernier à peu près plus d’argent qu’Earl Jones a été capable d’en dépenser, et qui pourrait dépenser dans les six chiffres pour présenter tout cela dans un rapport annuel (remarquez, ils devraient faire appel à une agence de gestion de crise, cette année, au lieu d’une boîte de graphisme…)
•••

Le blues de février tape un peu fort, cette année, je dois vous avouer. Je suis assez occupé ces temps-ci, un gros investissement de temps dans un projet très intéressant (plus de détails début avril, quand ça sera présentable pour vrai), et une formation en démarrage d’entreprise qui m’aide à mettre bien des choses en place. Bref, beaucoup de temps dépensé dans des trucs qui ne mettent pas le caviar sur la table tout de suite.
J’ai griffonné ce truc à la pause entre deux cours, l’autre jour. Je l’ai trouvé mignon, alors je l’ai vectorisé. Ne vous inquiétez pas, tout va très bien dans ma vie à part ce besoin de vacances et de repos. Mais j’étais sur une phase de gribouillage de faucheuses mignonnes, et c’est celle qui a le mieux sorti. Ça serait beau sur un t-shirt ou des autocollants, ça…